Ce qu'est un taux de nicotine
Le taux de nicotine, c'est la quantité de nicotine contenue dans un millilitre de e-liquide. On l'exprime en milligrammes par millilitre — mg/ml. Un liquide « en 6 » contient six milligrammes de nicotine par millilitre : un flacon de 10 ml en contient donc soixante.
En Europe, la réglementation plafonne ce taux à 20 mg/ml et la contenance des flacons nicotinés à 10 ml. En pratique, les fabricants proposent quatre ou cinq paliers pour une même recette. Chez la plupart des marques françaises, ce sont 0, 3, 6, 12 et 18 mg/ml pour la nicotine classique, et 10 ou 20 mg/ml pour les sels de nicotine.
On classe habituellement ces paliers ainsi : sans nicotine à 0 mg/ml, nicotine faible de 3 à 6 mg/ml, nicotine moyenne de 9 à 12 mg/ml, nicotine forte à 16, 18 ou 20 mg/ml. Ces catégories sont commodes, mais elles ne disent rien de votre cas : c'est la suite de ce guide qui sert à ça.
Une précision qui rassure beaucoup de gens
La nicotine employée dans les e-liquides est de qualité pharmaceutique : c'est la même molécule que celle des patchs et des gommes vendus en pharmacie. Ce n'est pas elle qui rend le tabac fumé dangereux ; ce sont les produits de la combustion. Cela ne veut pas dire qu'elle est anodine : elle entretient la dépendance, et c'est précisément pour cela qu'on l'utilise pendant un sevrage.
Le hit, et pourquoi il compte
Le « hit », c'est cette petite contraction au fond de la gorge quand on inhale. Les fumeurs y sont très attachés : c'est une bonne part de ce qu'ils cherchent en allumant une cigarette. Dans la vape, il est produit par le propylène glycol de la base et, surtout, par la nicotine.
Plus le taux est élevé, plus le hit est franc. C'est aussi simple que cela, et c'est la raison pour laquelle un liquide sans nicotine paraît « vide » à quelqu'un qui vient d'arrêter : il ne se passe rien en gorge, et le geste ne suffit pas.
La sensibilité au hit varie beaucoup d'une personne à l'autre. Certains le trouvent suffisant dès 3 mg/ml ; d'autres ne le ressentent qu'à partir de 12. Il n'y a pas de norme, et il n'y a rien à prouver : le bon taux est celui qui vous fait oublier la cigarette, pas celui qui gratte le plus fort.
Notez enfin que la nicotine est un exhausteur de goût. À parfum égal, un liquide nicotiné a plus de relief qu'un liquide en 0 mg/ml. Si vous trouvez un e-liquide fade en descendant de palier, c'est souvent cela, et non le liquide qui aurait changé.
Les repères selon ce que vous fumiez
Le seul critère qui compte au départ, c'est votre consommation de tabac : combien de cigarettes par jour, et à quel moment vous fumiez la première. Quelqu'un qui allume sa première cigarette dans les cinq minutes après le réveil est plus dépendant qu'un fumeur de même volume qui attend le milieu de la matinée ; il lui faut en général un cran de plus.
| Vous fumiez | Nicotine classique | Sel de nicotine |
|---|---|---|
| Vous ne fumez pas | 0 mg/ml, et surtout : ne commencez pas | — |
| Moins de 5 cigarettes par jour | 3 à 6 mg/ml | 10 mg/ml |
| 5 à 10 cigarettes | 6 mg/ml | 10 mg/ml |
| 10 à 20 cigarettes | 12 mg/ml | 10 à 20 mg/ml |
| Un paquet ou plus, ou roulées | 18 mg/ml | 20 mg/ml |
Ces repères recoupent ceux que donnent les tabacologues et Santé publique France. Ils valent pour un démarrage, sur du matériel d'inhalation indirecte — celui qui se tire comme une cigarette. Ils ne valent pas comme diagnostic : si vous suivez un sevrage encadré, parlez-en à la personne qui vous accompagne.
Ce qu'on conseille à ce stade
Un tabac blond classique en trois taux, pour ne pas se tromper de départ.
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Sels de nicotine : une autre échelle
Les sels de nicotine sont la même molécule, ramenée à un pH plus proche de celui du corps par ajout d'un acide alimentaire. Conséquence : ils passent dans le sang plus vite et grattent beaucoup moins la gorge à taux égal. On peut donc en mettre davantage sans que ce soit désagréable.
Cela change les repères. Un liquide en sel à 10 mg/ml se ressent à peu près comme un classique à 12 ; un sel à 20 mg/ml convient à un gros fumeur qui trouverait un 18 classique trop agressif. En revanche, les sels ne s'utilisent que sur du petit matériel à faible puissance : pods, cigarettes de format compact, cigares électroniques. Sur un montage puissant, la dose délivrée deviendrait excessive.
Les cartouches pré-remplies et les pods de puffs rechargeables sont presque toujours en sels, souvent à 20 mg/ml — c'est le maximum légal, et c'est cohérent avec leur tirage très serré.
Un sel à 20 sur un gros matériel, ça ne se termine jamais bien : nausée, mal de tête, dégoût. Sel = petit matériel. Retenez cette phrase, elle vous évitera une mauvaise soirée.
— le BarbuVotre matériel change tout
À taux identique, un même liquide ne délivre pas du tout la même quantité de nicotine selon l'appareil. Un petit pod d'inhalation indirecte, avec une résistance supérieure à 1 ohm et une dizaine de watts, consomme deux à trois millilitres par jour. Un montage d'inhalation directe, sous l'ohm et à soixante-dix watts, peut en consommer huit à dix. La dose totale reçue n'a rien à voir.
C'est pourquoi on associe traditionnellement les taux élevés au tirage serré et les taux bas au tirage aérien. Si vous commencez avec un pod, un 12 classique ou un sel à 10 sont raisonnables. Si quelqu'un vous a vendu un gros matériel pour arrêter de fumer, vous serez contraint de descendre à 3 mg/ml — et vous risquez de manquer de nicotine, donc de rallumer une cigarette. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous déconseillons ce type d'appareil pour un sevrage.
Le signe qu'il faut réagir
Maux de tête, bouche pâteuse, nausée légère en fin de journée : vous prenez trop de nicotine. Descendez d'un palier. À l'inverse, si vous vapotez sans arrêt sans être satisfait et que l'envie de cigarette revient, c'est que vous n'en prenez pas assez : montez d'un palier. Dans les deux cas, il ne s'agit pas d'un échec, seulement d'un réglage.
Le matériel qui va avec ces taux
Deux appareils à tirage serré, et de quoi les alimenter.
Geek Vape
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Tirage serré, 1100 mAh
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Oxva
Nexlim — pod 1500 mAh
Tirage réglable
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Curieux
Licorne — sel 10 mg/ml
Pour pod uniquement
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Quand et comment descendre
Il n'y a aucune urgence. Le but d'un premier taux est de tenir sans cigarette ; la baisse vient ensuite, souvent d'elle-même. La plupart de nos clients descendent d'un palier après trois à six mois, sans y avoir vraiment pensé : ils s'aperçoivent que leur liquide habituel « tape » un peu trop.
Quand ce moment arrive, procédez par un seul palier à la fois : de 18 à 12, puis de 12 à 6, puis de 6 à 3. Gardez quinze jours à chaque étape. Si l'envie de fumer réapparaît, remontez sans hésiter : on ne gagne rien à tenir un taux trop bas, et on risque beaucoup.
Une méthode simple pour descendre en douceur consiste à mélanger deux flacons du même parfum à deux taux différents : moitié 12, moitié 6, et vous obtenez un 9. Si vous préparez vos liquides vous-même, notre calculateur fait le calcul à votre place, au dixième de milligramme.
Enfin, sachez que descendre jusqu'à 0 mg/ml n'est pas obligatoire. Rester longtemps à 3 mg/ml sans jamais rallumer une cigarette est une réussite complète, et c'est ce que font beaucoup de gens.
Les erreurs qu'on voit passer
- Partir trop bas parce que « la nicotine, c'est mal ». C'est la première cause de retour au tabac dans les deux premières semaines.
- Choisir le parfum avant le taux. Un parfum qui ne plaît pas se remplace ; un taux mal choisi fait rechuter.
- Mettre du sel à 20 dans un gros matériel. Voir plus haut : c'est la mauvaise soirée assurée.
- Descendre par principe au bout d'une semaine. Attendez que ce soit vous qui trouviez votre liquide trop fort.
- Acheter dix flacons d'un liquide jamais essayé. Deux suffisent pour savoir.
Questions fréquentes
Puis-je mélanger deux taux différents ?
Oui, sans aucun problème, à condition que ce soit le même parfum ou deux parfums que vous aimez. Moitié-moitié entre un 12 et un 6 donne un 9. C'est la façon la plus simple de descendre par demi-palier.
Le taux est-il indiqué sur le flacon ?
Oui, en mg/ml sur l'étiquette, souvent doublé d'un pourcentage (6 mg/ml = 0,6 %). Tous les flacons nicotinés portent aussi le pictogramme de danger et la mention réglementaire.
Combien de temps dure un flacon de 10 ml ?
Entre trois et cinq jours sur un pod d'inhalation indirecte, un peu plus d'une journée sur un gros matériel. C'est très variable : c'est votre consommation qui décide, pas le flacon.
Je vapote et je fume encore un peu, est-ce grave ?
C'est fréquent au début et ce n'est pas un échec. Si cela dure au-delà de quelques semaines, c'est souvent le signe d'un taux trop faible. Montez d'un palier avant de conclure que la vape ne marche pas pour vous.
Existe-t-il un taux au-delà de 20 mg/ml ?
Pas dans un e-liquide vendu en Europe : 20 mg/ml est le plafond légal. Les boosters de nicotine, eux, sont à 20 mg/ml et servent uniquement à nicotiner soi-même un grand format sans nicotine.

